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"Les points sur les i", petit blog péda(nt)gogique lié à mon métier de prof de français. En 2021, j'attaque ma 22ème rentrée : la huitième dans la Manche, après neuf ans dans les Ardennes et plusieurs années en lycée et collège aux alentours de Dieppe. Cette interface est un lieu pour proposer des éléments (plus ou moins) en rapport avec les cours que j'inflige à mes élèves : cahiers de textes, documents complémentaires, billets d'humeur et partages de mes lectures personnelles... Bonne visite !

Marilyn Monroe

J'ai anticipé le cinquantenaire de la mort de l'icône en lisant, fin juillet, une enquête palpitante sur, précisément, les circonstances de la mort de cette légende...

Le gros intérêt du livre, c'est qu'il remet tout à plat, se débarrasse de plusieurs préjugés, à commencer par la liaison avec les frères Kennedy... Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est archi convaincant ! La démonstration tient la route... Le suicide est montré comme une issue impossible. Le meurtre demeure donc la seule possibilité...

W. Reymond a écrit un bouquin sur JFK. Je crois que je vais le lire prochainement... J'avais dévoré plein de livres sur l'assassinat de JFK au moment de la ortie du film d'Oliver Stone avec Kevin Costner...


"Marilyn a construit sa carrière sur une illusion. Celle de la blonde à forte poitrine et faible cervelle. Une gentille fille, sûrement facile et pas bien futée. Une image dans l'air du temps, cultivée à l'écran et renforcée à chaque intervention médiatique. La blonde était sexy mais, forcément, un peu conne."

"Or, peint par des illusionnistes dont la mission consistait à détruire une star, le tableau dramatique du mois de juin 1962 ne contenait pas une once d'authenticité.

Les six heures de bandes extraites de la mine de sel du Kansas prouvaient que Marilyn se trouvait à l'époque au sommet de son art.

Les archives même de la 20th Century Fox démontraient que les absences de l'actrice étaient justifiées.

La même source confirmait que les dirigeants du studio avaient autrefois tenté – en vain – de se séparer d'Elizabeth Taylor. Et que Monroe avait été, pour eux, un plan de secours."

"Alors que depuis quarante-cinq ans on se contente de résumer le destin de la star à une terrifiante glissade vers l'autodestruction, la vérité n'a rien à voir avec ce cliché."

"Marilyn avait 36 ans.

Et les premiers jours de ce mois d'août 1962 portaient en eux les germes d'un avenir bien plus radieux. Un futur placé sous les signes d'une carrière relancée et d'une prospérité financière enfin assurée.

Marilyn avait 36 ans.

Et – désormais j'en étais convaincu –, la vie devant elle.

Marilyn avait 36 ans.

Et jamais la thèse du suicide ne m'était apparue aussi improbable."

"Les conclusions de Cozzi furent sans appel. Marilyn n'aurait pas été capable de dépasser les deux ingestions accidentelles, puisqu'elle aurait perdu conscience. Dix à douze comprimés de Nembutal au maximum suffisaient pour glisser vers le sommeil éternel.

*

Éliminer la théorie du suicide accidentel limitait drastiquement et dramatiquement le champ des possibilités.

Soit Marilyn avait pris la décision d'en finir avec la vie et avalé une cinquantaine de comprimés de Nembutal, soit la star avait bel et bien été assassinée."

"Comment expliquer que le taux de Nembutal retrouvé dans le sang soit presque le double de la quantité maximale dont elle disposait ? Cela signifie-t-il qu'un second tube aurait disparu ? Et si oui, pourquoi ? Ou alors, ce dosage confirmait-il qu'on lui avait injecté cette substance nocive ?"

"Défendre l'idée du suicide, c'était – désormais – accepter que Marilyn Monroe ait pu avaler jusqu'à deux cent trente-cinq comprimés de Nembutal !"

"En clair, si Marilyn avait décidé d'elle-même d'avaler autant de pilules, elle n'y serait physiquement pas parvenue, tombant inconsciente avant d'achever sa tâche.

Dès lors, la quantité de Nembutal retrouvée dans le foie de la star prouvait une chose : que le troisième pilier venait de s'effondrer.

Marilyn ne s'était pas suicidée."

"L'organisme de la star était saturé de barbituriques, à un niveau qu'une ingestion volontaire de comprimés de Nembutal ne pouvait justifier. D'une manière ou d'une autre, Marilyn avait donc été empoisonnée."

"Une fois encore, la logique allait m'aider. Si l'état du cadavre indiquait que la star n'avait pas prévu d'accueillir un visiteur, cela entraînait deux explications. Soit le meurtrier était arrivé sans s'annoncer au 12305 Fifth Helena Drive. Soit celui-ci… appartenait à son entourage proche."

"Dans le cas de Marilyn Monroe, tout cela signifiait que si l'actrice avait avalé la moindre surdose médicamenteuse, Noguchi aurait dû retrouver trace de ces cristaux dans son estomac. Ou, à défaut, dans l'intestin grêle. Ce qui n'était pas le cas."



Lectures de vacances (2)

J'ai ensuite lu quelques nouvelles, plutôt de récits bref, en fait : Gavalda, Delerm que j'avais déjà lu. Gavalda, j'ai été déçu. Certaines nouvelles sont fortes, d'autres insignifiantes... Delerm, je n'ai pas retrouvé la fraîcheur que j'avais découverte il y a quelques années... C'est un peu du recuit...
J'ai alors attaqué Les Heures souterraines de Delphine de Vigan dont le Rien ne s'oppose à la nuit m'avait énormément plu. C'est toujours bien écrit, ciselé... Mais l'histoire est vide... Une femme harcelée au boulot par son patron et un médecin qui vont peut - peut-être - se croiser... Pfff...

Lectures de vacances (1)


Beach Music de Pat Conroy
C’est un roman-fleuve : un millier de pages. Il a accompagné la fin de l’année scolaire et le début de mes vacances. C’est l’histoire de Jack, natif de Caroline du Sud. Il plaque tout et part avec sa fille à Rome quand sa femme se suicide. Petit-à-petit, la Caroline du Sud le rappelle à lui : les parents de son épouse suicidée veulent renouer avec lui, ses propres frères aussi… Ses amis américains, dont la belle Lédare, aussi. Un peu contre son gré, il se retrouve embarqué dans une histoire foireuse menée par un de ses anciens amis, devenu grand manitou à Hollywood, qui veut raconter leur histoire dans un film. Leur histoire ? Celle d’une bande de copains attachants, qui ont grandi en Caroline du Sud, dans les années 70, qui ont vécu l’entrée en guerre contre le Vietnam…
Parce que sa mère est mourante, Jack prend finalement l’avion pour les Etats-Unis : un voyage initiatique à rebours et un retour aux sources purificateur au cours duquel le passé trouble des uns et des autres n’est jamais loin, où les prémices du Vietnam parasitent une amitié indéfectible, où l’horreur de la Shoah vécue par ses parents propulse une jeune femme splendide du haut d’un pont…
Pat Conroy, je ne connais pas. C’est un habile conteur. J’ai adhéré dès les premières pages, aux évocations des couleurs de Rome, on s’attache au personnage miné par le suicide de sa femme et qui a décidé de couper les ponts avec son passé pour mieux préserver sa fille… Il y a de beaux moments de tendresse, des scènes très émouvantes qui alternent avec des passages absolument délirants et, même franchement comiques… Chacun doit pouvoir se reconnaître, un peu, dans chaque personnage… L’auteur évite le piège du mélo à deux balles…
Le style est riche même si la traduction en altère probablement la saveur. C’est une langue très poétique. On voit Jack et ses frangins plonger dans l’eau du fleuve, on voit Leah et sa grand-mère sauver les tortues… Bref, on aime lire ce livre…
Après Beach Music, j’ai enchaîné sur un classique, paraît-il : Bilbo de Tolkien. Bon, Tolkien, je ne suis pas fan. Je n’ai pas trop accroché aux films de Peter Jackson et les deux cents premières pages du volume un de la trilogie m’ont vraiment découragé. Bilbo est à la mode. Ce sera probablement le gros succès cinématographique des fêtes de fin d’année et, déjà, dans mon casier, au bahut, on m’a resservi des documents pédagogiques sur ce livre sans préciser pour quel niveau la lecture est adaptée. Par rapport au programme, on est dans les attentes de la sixième. Je me lance donc dans la lecture pour voir si c’est faisable.
On a donc un beau conte avec des gentils, des moins gentils, des pas gentils qui deviennent gentils, un gentil magicien, un dragon pas gentil, un univers merveilleux à souhait tantôt gentil tantôt pas gentil… L’histoire est plaisante et raconte en fait la genèse du Seigneur des anneaux. A vérifier mais je crois que Bilbo a d’ailleurs été écrit après la trilogie… Bon, au final, c’est plaisant à lire… Je l’ai lu en version numérique. Je dois choper une version papier pour voir si les sixièmes peuvent digérer cela. Je pense que, avec le film, on va avoir pas mal d’éditions qui vont se mettre en adéquation avec le film. Même si, pour ce qui concernait la trilogie, la version dite « jeunesse » était exactement la même que celle « grand public ».
Après Bilbo, j’ai té attiré, dans une librairie, par le bouquin de Eric-Emmanuel Schmitt qui s’intitule La Part de l’autre. Un livre qui se propose deux croiser deux destins : celui d’Hitler et celui d’Hitler ! Dans le premier cas, le Hitler répugnant et salaud que l’on connaît malheureusement trop bien ; dans le second cas, le parcours du Hitler qui n’aurait pas été recalé aux Beaux-Arts. L’idée est intéressante. Le croisement des deux destins est très bien traité et plus d’une fois je me suis fait avoir car on a des fondus enchainés très subtils pour passer d’une vie à l’autre et Schmitt se dépatouille très bien de son sujet. Le « vrai » Hitler est brillamment mis en perspective avec une mine de détails car l’auteur s’est évidemment beaucoup documenté. Pour le « faux » Hitler, de belles lignes, là aussi : un clin d’œil facétieux lorsque le jeune Adolf prend place sur le divan de Freud ou côtoie, à Montmartre, les maîtres peintres de son époque. On peut juste faire le reproche que certains passages sont vraiment trop empreints de psychologie. Au final, je me suis laissé prendre au jeu.
Véronique Olmi, Cet été-làCet été-là a failli gâcher mon été ;-) Grosse daube… Un couple de parvenus invite, comme chaque été, ses amis dans sa maison de vacances à Coutainville. Le couple est usé, limé. Il ne se passe rien : on s’attend à des révélations, une histoire de vengeance semble même se dessiner, on s’attend, pourquoi pas ? à ce que Delphine trompe son mari avec le meilleur ami de celui-ci… Mais non, on quitte le livre, à la fin, et rien n’a vraiment bougé… A oublier… Du Colette de bas étage…
Enfin, j’ai lu, très vite, le premier volet de la trilogie berlinoise de Philip Kerr. Kerr, rien à voir avec Jim Kerr, le chanteur de Simple Minds, mon groupe référé ;-) L’été de cristal, c’est un récit policier qui a la particularité de se dérouler à Berlin en 1936, c’est ce qui m’a attiré. Le détective Gunther est chargé d’enquêter sur le meurtre de la fille d’un industriel richissime et de son mari. Le meurtre est accompagné de la disparition d’un collier de diamants dont la valeur est inestimable. Gunther se lance dans l’affaire et, petit-à-petit, on découvre, comme lui, les méandres du pouvoir hitlérien, corrompu jusqu’à la moelle. L’auteur nous trimballe jusqu’à Himmler et Goering.
Les ficelles sont un peu grosses mais le livre fourmille de détails et d’anecdotes sur le Berlin de l’époque et sur la manière dont le pouvoir instaure son autorité. Le détective se retrouve même à Dachau. Bref, le livre fait passer le temps. J’ai bien souri sur certaines descriptions car l’auteur à un vrai talent pour croquer les portraits et il ne fait pas dans la dentelle !

Brevet... Lamentable !

Ce matin, les candidats au Brevet ont subi l'épreuve de français. Il s'agissait d'un texte de Michel Tournier. Pas très intéressant mais, cela, c'est un jugement personnel...

Le gros problème, c'est surtout la vacuité des questions. A croire que les rédacteurs du sujet ont oublié que le collège ne s'arrêtait pas à la fin de la sixième et que, dans les trois autres niveaux, on bosse aussi un peu... Comme c'est la tradition depuis quelques années, on nivelle par le bas. Cela en devient caricatural. Comme c'est la tradition depuis quelques années, l'essentiel du questionnement n'aborde pas le programme strict de la classe de troisième. Il y a un écart manifeste entre les exigences du programme et la pauvreté affligeante du fond de cette épreuve !

La dictée ? Que dire ? Pathétique ? Quatre lignes et, encore, sur ces quatre lignes, on demande au surveillant d'écrire au tableau des mots comme "l'oie" ou "aiguës" !!! Gageons que, dans quelques années, on écrira toute la dictée au tableau et que la dictée sera un exercice de copie.

La rédaction ? Une énième suite de texte qui devait faire intervenir un peu de dialogue argumentatif. Je prends les paris que, pour ce critère, si l'élève a pondu trois lignes, il aura le maximum des points !

C'était la dernière épreuve de français présentée selon cette mouture. L'an prochain, progrès ou recul, l'épreuve renoue avec la forme qu'elle avait quand j'étais moi-même élève. Notamment, la rédaction proposera le choix entre un sujet d'imagination (en gros) et de réflexion. Cette nouvelle mouture, en place déjà pour les séries technologiques, concorde avec de nouveaux programmes qui sont d'une grande exigence sur la langue et qui escamotent le XIXe siècle. Le nouveau Brevet sera-t-il à la hauteur des préceptes officiels ?

Dans ces programmes, on trouve de multiples inepties, celle qui m'a le plus marqué est celle selon laquelle un élève qui, bien souvent, ne maîtrise qu'imparfaitement l'indicatif, doit se coltiner les temps du passé au subjonctif !

On a bien touché le fond... J'ai vu que de nombreux commentaires désabusés fleurissent sur la Toile.

Soirée du collège !


C'est dans une salle des fêtes presque comble que s'est conclue, mardi 19 juin, de manière festive, l'année scolaire avec la soirée du collège : les clubs de théâtre et de chorale étaient à l'honneur, emmenés par Mlles André et Jodocius et Mme Cruciani.

Un grand merci à tous les bénévoles. Les diverses ventes ont permis de récolter plus de 380 euros pour le FSE !

Plus d'images sur le site du collège ;-)