Bienvenue !

"Les points sur les i", petit blog péda(nt)gogique lié à mon métier de prof de français. En 2021, j'attaque ma 22ème rentrée : la huitième dans la Manche, après neuf ans dans les Ardennes et plusieurs années en lycée et collège aux alentours de Dieppe. Cette interface est un lieu pour proposer des éléments (plus ou moins) en rapport avec les cours que j'inflige à mes élèves : cahiers de textes, documents complémentaires, billets d'humeur et partages de mes lectures personnelles... Bonne visite !

Non au harcèlement !

Ces dernières semaines, les 5B ont été sensibilisés à la problématique du harcèlement scolaire. Lors de cette séquence, les élèves ont lu un extrait de Marion 13 ans pour toujours et ont regardé le téléfilm du même titre, qui les a particulièrement émus.

Dans le cadre de cette sensibilisation, je les ai invités à réaliser des affiches et à écrire des récits fictifs mettant en scène des faits de harcèlement.



Les affiches de Margaux, Marceau et Raphaël ont été sélectionnées pour être présentées au concours national "Non au harcèlement"




Je félicite tous les élèves pour la qualité de leur investissement ;-)

SR


Baltimore

J'avais dévoré L'Affaire Québert du même auteur, Joël Dicker, qui fait partie de ces écrivains que j'aime lire et découvrir, de ma génération. De mémoire, Québert a été primé par le Gongourt des Lycéens, ce qui est généralement un gage de valeur assez certain.


Franchement, j'ai eu du mal avec Le Livre des Baltimore. Je l'ai commencé à plusieurs reprises sans parvenir à en dépasser le premier quart, tant c'est long à démarrer. Il y a cette histoire fraternelle entre des adolescents, un "Drame" qui est annoncé, le flirt entre le personnage principal et Alexandra qu'il vient de retrouver par hasard... Mais bon sang, que c'est long, au début ! Et, inversement, une fois que toute la première fastidieuse partie est passée, tout se met en route, une tension, une attente implacable se met en place et le ados devenus grands - le gang des Baltimore - se défait, se refait, jusqu'au Drame et au quiproquo qui bouleverse tout un soir de Saint-Valentin...

Ce livre un peu terne m'a donné envie de relire Québert, bouquin que l'auteur est en train d'adapter pour le cinoche avec Jean-Jacques Annaud aux commandes et, attention les filles ! Patrick Dempsey dans le rôle principal. Joël Dicker est très actif sur Twitter et il poste régulièrement des éléments en lien avec cette adaptation qu'il suit de très près.

Veilleurs Meuh !

Parce que notre métier n'est pas toujours une relation à sens unique... J'aime ce collège des Pieux qui me rappelle celui de mes débuts à Luneray ou celui de Vireux-Wallerand... J'aime cette relation avec les élèves, parfois rugueuse, parfois tendre (je n'ai aucun problème à écrire cela, cela fait un bail que je suis convaincu de l'importance de l'affect dans ce boulot) Merci, vraiment !

Je profite de ce message pour souhaiter une belle année à tous ceux qui ont le courage de fréquenter ce blog, particulièrement à chacun de mes élèves - des voeux de réussite évidemment mais, tout simplement, que tout aille au mieux pour eux et, à ceux qui ont des soucis de santé, j'adresse une pensée toute particulière. Aux élèves de troisième dont je suis le prof principal, je formule mes voeux les plus sincères pour la réussite de leur projet que j'ai la lourde responsabilité d'accompagner...


Florence...

Il y quinze ans, le 25 novembre, je vivais la journée la plus terrible de ma carrière, l'unique, je l'espère...

Ce jour-là, j'ai porté absente une de mes élèves de troisième en première heure, ignorant qu'elle n'arriverait jamais à mon cours...

J'ai écrit un texte sur Florence... Je vous invite à le lire... Je viens de le relire et d'y apporter deux ou trois ajustements et j'en suis encore ému, ma soirée est déjà plombée...

A lire ici.

Que reste-t-il de Kingsbridge ?

Je viens de terminer le dernier pavé de Ken Follett : les lecteurs de ce blog savent que l'écrivain gallois figure parmi mes auteurs contemporains préférés et que Les Piliers de la terre est pour moi un bouquin absolument génialissime...


Pourtant, j'ai été déçu par Une Colonne de feu.

Ciao Kingsbridge ! L'essentiel du récit se déroule hors de Kingsbridge, le berceau historique des deux premiers volumes. Or, moi, je m'y étais attaché à Kingsbridge... Souvent, les références à Kingsbridge sont superficielles (les deux amoureux qui se retrouvent derrière la tombe du prieur Philip, l'évocation à la lignée d'architectes dans la famille, etc.)

Ned, Margery, Sylvie, Isabelle sont attachants mais il manque ce petit supplément d'âme qu'on trouvait chez Ellen et Tom...

Surtout, même si cela reste passionnant et ô combien instructif, la grande Histoire (archi documentée, comme toujours, chez Ken Follett) prend franchement le pas sur la fiction... Mary Stuart, Elizabeth, Catherine de Médicis (son mari, ses enfants), l'Armada espagnole, la Saint-Barthélémy et je dois en oublier...

Pour le reste, c'est bien écrit, entraînant, porteur d'un certain message sur l'intolérance religieuse et les rivalités meurtrières entre protestants et catholiques - clivages que l'on pourrait très certainement transposer à notre époque...

La fin du volume laisse présager une suite avec les migrations vers le Nouveau-Monde... Cela ne va pas être simple de conserver la saveur originelle de Kingsbridge...

Bravo !

Petit clin d'oeil à un ancien élève de troisième ;-) A lire ici.

L'apprentissage, c'est ça : une orientation choisie, une passion. J'adore cette idée. Comme on parle de boulangerie, j'en profite pour un autre clin d'oeil à Antony, apprenti boulanger de formation, dont j'ai été le PP en troisième il y a déjà une douzaine d'années qui, sur le plateau ardennais d'Hargnies, confectionne les meilleures pizzas au monde !

A l'heure où je commence à entrer dans le vif du sujet de l'orientation avec la classe de troisième dont je suis le PP, ça tombe bien ;-)

Grève

Je ferai grève mardi.

En 18 ans de carrière, je n'ai quasiment jamais fait grève pour des raisons de moyens. J'ai été de toutes celles contre la réforme du collège car cela touchait au coeur de la conception que je me fais de l'enseignement en général et de celui de ma discipline en particulier qui est, selon moi, devenu l'ombre de lui-même. Peu de gens ont conscience qu'on nous demande maintenant de faire cours à l'inverse exacte de la formation universitaire que les gens de ma génération ont reçue.

Bref.

Mardi, je fais grève. Parce que, l'an dernier, les modalités d'avancement des enseignants dans leur carrière ont été modifiées de manière désavantageuse pour l'immense majorité des collègues. A tel point que, en compensation, on a promis aux enseignants de compenser par une augmentation de salaire. Pour faire simple, je suis arrivé à l'échelon 9 en 18 ans (ça pouvait être un peu plus court mais aussi plus long) ; pour un jeune prof, il faudra désormais environ 25 ans. Je mets au défi quiconque de prétendre que c'est avantageux.

Alors, non, on n'est pas malheureux quand on est enseignant même si le salaire de départ pour un jeune prof au regard de son niveau d'étude prête un peu à sourire...

Le problème, concernant la révision de l'avancement des enseignants et la revalorisation de leur traitement, c'est que, il y a quelques semaines, l'annonce a été faite de geler toute augmentation.

Personnellement, je considère cela comme un mépris total des engagements pris. C'est pour cette raison que je ferai grève. Au quotidien, avec mes élèves, je m'efforce de tenir mes engagements, moi. Mais, encore une fois, notre belle Institution bafoue ses enseignants.

Je voulais préciser cela car, probablement, les médias nous présenteront comme des crétins privilégiés qui font grève uniquement pour leur salaire.