Bienvenue !

"Les points sur les i", petit blog péda(nt)gogique lié à mon métier de prof de français. En 2021, j'attaque ma 22ème rentrée : la huitième dans la Manche, après neuf ans dans les Ardennes et plusieurs années en lycée et collège aux alentours de Dieppe. Cette interface est un lieu pour proposer des éléments (plus ou moins) en rapport avec les cours que j'inflige à mes élèves : cahiers de textes, documents complémentaires, billets d'humeur et partages de mes lectures personnelles... Bonne visite !

Rentrée !

Bonjour et bienvenue sur ce blog,

Une nouvelle année scolaire arrive doucement... Abonné aux quatrièmes et aux troisièmes, prof principal de troisième depuis une quinzaine d'années, cette rentrée s'inscrit dans la lignée des précédentes : j'aurai deux quatrièmes et deux troisièmes et serai PP de l'une de ces troisièmes.

On espère tous une année plus fluide que les précédentes. Croisons les doigts.

Ce blog est moins étoffé que par le passé, tout simplement parce que chacun a désormais l'habitude d'utiliser Pronote. Je mets donc, au cas où, mes cahiers de textes sur ce blog. Surtout, je glisse l'intégralité des cours notés en classe : ce qui permet aux élèves plus lents ou absents de se mettre à jour. Je sais que c'est une démarche appréciée par les élèves et leurs parents, donc faites-en bon usage !

Pour le contenu, j'ai renouvelé un bon tiers de mes séquences pour cette année, sachant que j'avais déjà procédé à un renouvellement massif l'an dernier, c'est plutôt bien. Je garde néanmoins sous le coude des séquences pour un éventuel distanciel.

En troisième, par exemple, j'ai enrichi significativement l'étude de l'autobiographie qui sera en partie basée sur le récit autobiographique de Lucie Aubrac. En quatrième, je sors des sentiers battus pour le fantastique et je vais lancer mes élèves sur les traces d'Ambre, l'héroïne d'Autre Monde de Maxime Chattam !

A très vite, donc !

Sébastien RIO

Brevet 2021

 Bonjour à tous,

Je vous propose des éléments de correction. Ce n'est pas un corrigé officiel donc cela est à nuancer. Un sujet déroutant, qui exige des justifications précises pour toute la première partie de la première partie. La réécriture est très abordable. La dictée est plutôt facile. Côté rédaction, un sujet d'invention simple si on respecte bien les consignes (le risque est toujours de se perdre...) ; l'argumentation est moins évidente mais abordable dès lors qu'on maîtrise bien la méthodologie vue en classe.

Mes pistes de réponses à découvrir ici !

Cela reste pour moi incompréhensible d'avoir, une fois de plus, un sujet qui n'a rien à voir avec les attentes du programme de troisième et qui se concentre, ici, sans se cacher, sur le programme de quatrième dont sait combien l'année fut perturbée pour nos candidats au Brevet cette année...

Place aux autres épreuves maintenant !

Sébastien RIO

Distanciel avril 2021

 Bonjour à tous !

Et il faut renouer avec le distanciel... Comme promis, je glisse ici les PDF que vous retrouvez aussi sur Pronote. A télécharger une fois pour toutes !

Pour les QUATRIEMES : c'est ici !

Pour les TROISIEMES : c'est là !

Bon courage !

Sébastien RIO

2021 !

Une belle année à tous ceux qui fréquentent ce blog, en espérant qu'elle ne sera plus trop associée à ces mots entrés dans notre quotidien : distanciation, confinement, autorisation de sortie, kilomètre...

Mes voeux de réussite à mes anciens élèves et, évidemment, à mes élèves de cette année...

Et, pour chacun, une bonne santé, pour vous et pour vos proches !

Sébastien RIO

Rentrée !

 Bonjour à tous,

Un contexte très particulier pour cette rentrée de demain... C'est le moins que l'on puisse dire ! Et je n'ai pas peur d'écrire sur ce blog combien je suis écoeuré par l'attitude de mon Ministère, aussi bien sur la gestion de la crise sanitaire que sur l'hommage volé à notre collègue assassiné pour avoir fait son métier de prof !

Ceci étant dit, deux documents :

1. Pour les troisièmes : le corrigé du devoir type Brevet, ça tombe bien ! sur la satire, la caricature et la liberté d'expression : à ouvrir ici.

2. Le support qui servira de réflexion, demain, pour engager, justement, ou approfondir, une réflexion sur l'éducation, la laïcité et la liberté d'expression : à ouvrir là.

Comme je dis toujours : haut les coeurs !

Sébastien RIO

Quiziniere sur Rhinocéros

 Bonjour,


Comme promis, deux activités "quiziniere" sur Rhinocéros.


La première est facultative : https://www.quiziniere.com/#/Exercice/DYDZGZ


La seconde est obligatoire : https://www.quiziniere.com/#/Exercice/2YRX4K


Bon WE à vous,


SR

Stage : trame de lettre de présentation

 Bonsoir,

Comme promis, je glisse un lien vers une proposition de courrier pour se présenter auprès des entreprises.

A découvrir ici !

Sébastien RIO

Activité en ligne troisième


 On attaque la séquence 1 par une activité en ligne disponible ici :

https://www.quiziniere.com/#/Exercice/KKAX3Y

Bon courage !

Rentrée (bis) !

 Bonsoir,

Le blog est à jour avec, désormais, les liens actifs vers les cahiers de textes et les traces écrites des cours. Sur la version non mobile du blog, vous avez tout cela dans la colonne de droite de votre écran !

Encore quelques jours pour profiter des vacances ! Il fait plus ou moins beau mais notre région nous offre tant d'activités diverses et de paysages sublimes !

Sébastien Rio

Rentrée !

Bonjour à tous,

Certains connaissent déjà ce blog, d'autres vont le découvrir... Je le tiens depuis un paquet d'années maintenant pour glisser des compléments au cours, des billets d'humeur, des critiques de livres...

Depuis deux ou trois ans, j'y propose aussi l'intégralité des cours ; cela permet aux élèves absents de se mettre à jour ou à ceux un peu perdus en classe de pouvoir à leur rythme rattraper le train. Les cahiers de textes sont aussi accessibles, copies exactes de ce que je mets sur Pronote (au cas où Pronote tombe en rade)...

Concernant les séquences, bon, bah, cette année, évidemment, chacun aura compris le contexte particulier de la rentrée. En quatrième comme en troisième, on va commencer par des éléments de rebrassage qui viendront aussi, ponctuellement, émailler l'ensemble de l'année.

En quatrième, je n'ai pas changé grand-chose par rapport à l'an dernier car j'avais déjà pas mal remis à plat mon planning annuel sans pouvoir véritablement le mettre en place avec le confinement, je pense par exemple à la séquence sur la presse que j'ai sabordée car elle était impossible à gérer en distanciel. 

Le planning de quatrième est ici !

En troisième, j'ai vraiment refondu ma progression, j'ai ajusté l'étude de la poésie, donné plus d'importance à la satire dès le début d'année car je trouve que c'est une approche intéressante pour faire une transition avec la fin d'année chaotique que nous avons connue. Je ne désespère pas de mener au bout le projet que j'avais amorcé, sans suite, avec mes troisièmes en février dernier...

Le planning de troisième est là !

Je serai encore PP de troisième, fonction que j'apprécie particulièrement et que je vais exercer pour la douzième ou treizième année, je pense...

Bonne rentrée à tous, dans un esprit convivial toujours et, cette année, particulièrement responsable !

Sébastien Rio

Bug Pronote

Bonjour à tous,

J'ai signalé hier sur Pronote que trop d'élèves n'avaient pas effectué le travail que j'avais demandé. Suite à des retours d'élèves et de parents, je suis allé approfondir la question et j'ai vu avec horreur que Pronote avait planté.

La preuve en images.

Quand je vérifie le cahier de textes de mes classes direct via l'accueil de la version en ligne, vous voyez que le PDF n°3 est disponible.


Quand je vérifie le cahier de textes de mes classes via l'onglet "cahiers de textes" de la version en ligne, vous voyez que le PDF n°3 n'est PAS disponible. Seulement la version n°2. Et, attention les yeux, si vous ouvrez justement les yeux en grand, vous devinez, tout en bas à droite que, dans l'espace "Travail à effectuer", c'est bien le n°3 qui est ligne (sur le même écran, j'ai donc à la fois le n°2 et le n°3 !)


Sur le client Pronote (le logiciel physiquement installé sur l'ordinateur), là, c'est encore plus clair : vous voyez que seul le fichier n°3 est en ligne, le n°2 est purement et simplement invisible.


J'en suis désolé. Je fais quand même remarquer que j'avais envoyé un message Pronote à tout le monde pour indiquer que j'avais mis en ligne les nouveaux PDFs, aussi bien sur Pronote que sur mon blog. Il aurait quand même été judicieux de se demander pourquoi rien de nouveau n'était en ligne. Je remercie une maman de m'avoir signalé un souci mais, comme vous le voyez, en vérifiant sur le client Pronote, je n'avais aucune anomalie.

Bref.

Rien ne change. Vous faites la suite des PDFs comme prévu sur le calendrier.

Simplement, pour ceux qui n'ont pas fait hier la séance quiziniere, vous POUVEZ me la rendre jusqu'à samedi 2 à midi. Ce n'est pas une obligation. C'est mieux de le faire, évidemment. Mais je n'irai pas râler si ce n'est pas fait.

Pour les quatrièmes, le lien est ici : https://www.quiziniere.com/#/Exercice/6X4QBK

Pour les troisièmes, le lien est là : https://www.quiziniere.com/#/Exercice/564NBZ

Merci de votre compréhension, je suis convaincu de votre bonne foi comme vous l'êtes, j'espère, de la mienne.

Sébastien RIO

Continuité pédagogique 6 : épisode #3

Bonjour à tous,

Pour l'heure, nous restons en continuité pédagogique, selon les modalités bien connues désormais : un PDF unique pour vous guider durant les semaines à venir.

Lisez bien les pages 1 et 2 pour avoir les attentes des prochaines semaines bien en tête...

Téléchargez le bon fichier correspondant à votre niveau !

Pour les quatrièmes : ici

Pour les troisièmes : là

Je reste à votre disposition...

Courage à vous,

Sébastien RIO

Continuité pédagogique 5 : programme des 3 semaines à venir

Bonjour à tous,

Comme promis, je vous mets sur cet article le programme des trois prochaines semaines. Cela inclut donc la semaine avant les vacances + la quinzaine de vacances, au cours de laquelle, en troisième et en quatrième, vous avez un livre à lire.

Pour Le Cid, tout est détaillé dans un autre article de mon blog : ici. Une série d'activités facultatives est proposée dans le PDF pour guider votre lecture de cette pièce de théâtre.

Pour La Ferme des animaux, tous les détails sont sur le PDF que vous allez télécharger.

Ne vous trompez pas de fichier !

Les quatrièmes, c'est ici.

Les troisièmes, c'est là.

Bon courage !

SR

Continuité pédagogique 4 : Le Cid

Bonsoir,

Comme promis, dans la foulée de l'audio...

Idéalement, il faut vous procurer Le Cid. En français, la lecture du Cid sera votre seule activité des vacances. Prévoir une fin de lecture pour lundi 27 avril.

J'ai bien conscience que ce ne sera pas simple de vous le procurer parfois. Raison de plus pour tenter de le faire au plus vite.

Je n'ai aucune action chez Amazon ou à la Fnac, prenez n'importe quelle édition, la moins chère. Par exemple ici.

Le Cid est un texte libre de droits, vous pouvez donc le télécharger en toute légalité gratuitement (ça serait même stupide de le télécharger en payant puisqu'il est libre de droits)

Vous pouvez le trouver ici en format pdf (pour PC ou tablette) ou là en format epub (format le mieux reconnu pour liseuse) Sur ce dernier lien, il y a aussi une version PDF mais elle ne propose pas de notes explicatives alors que mon premier lien en PDF propose quelques explications.

C'est une pièce qui est un peu compliquée mais, justement, les audio vous permettront de poser des questions. Je n'ai pas l'habitude de maintenir des oeuvres plus de deux ans de suite dans mes programmes mais, celle-là, je la maintiens car elle interpelle souvent les élèves : Chimène et Rodrigue ont quasiment votre âge et vous verrez que leur vie est loin d'être simple. Corneille est aussi un auteur que j'aime beaucoup, né dans la ville de tous les génies : Rouen.

Sébastien RIO


Continuité pédagogique 3

Bonsoir,

Comme convenu lors de l'audio qui vient de se terminer, je vous invite à tenter de vous procurer (selon les aléas de la livraison) La Ferme des Animaux, de George Orwell.

N'importe quelle édition, il y en a peut-être d'anciennes dans certaines familles...

Voici un lien vers la Fnac mais je n'ai aucune action chez eux...

Prenez soin de vous,

Sébastien Rio

Continuité pédagogique 2

Bonjour à tous,

Vous avez l'air de prendre le rythme !

Je glisse trois fichiers ici.

1. Pour les troisièmes, la séance prévue mercredi 25 sur mon PDF d'origine n'est plus valable car le Robert a eu la bonne idée de retirer de son site le livre sur lequel vous deviez travailler en ligne. Le fichier que vous pouvez télécharger est la séance définitive du mercredi 25.

2. Corrigé de l'évaluation de quatrième que vous avez rendue la semaine dernière.

3. Corrigé de l'évaluation de troisième que vous avez rendue la semaine dernière.

Sébastien RIO


CONTINUITE PEDAGOGIQUE

Bonjour à tous,

EDIT. Comme les serveurs ENT / Pronote semblent engorgés, si vous avez besoin de m'écrire, utilisez vraiment prioritairement mon mail hotmail. Je m'efforce d'être le plus réactif possible. Attention, pour les élèves, ne mettez pas votre message dans le titre du mail mais dans le corps du mail.

En quatrième comme en troisième, j'ai préparé un fichier PDF dont le contenu devrait vous permettre de "tenir" jusqu'aux vacances ou presque. J'ai estimé au 3 avril mais cela va probablement "déborder" : il va de soi que je serai tolérant, notamment sur les dates de réception de vos devoirs. J'ai mentionné des dates mais je ne suis pas à deux ou trois jours près. Malgré tout, dans la mesure du possible, chacun doit se conformer à cette continuité pédagogique et il revient aux familles d'en surveiller l'application, avec bienveillance. En conséquence, les devoirs que je demande doivent m'être envoyés.

Etant moi-même parent, je comprends tout à fait les contraintes que cela suppose, rassurez-vous.

Mon adresse mail vous est ouverte, élèves comme parents, peut-être plus facilement que sur Pronote car le serveur académique est un peu trop sollicité : riosebprof@hotmail.com. Si besoin, je verrai l'opportunité d'ouvrir une session Hangouts.

Parcourez attentivement le PDF, montrez-le à votre famille. Vérifiez bien que vous avez téléchargé le fichier correspondant à votre classe (clic droit sur le lien pour télécharger)

Je rappelle aux troisièmes qu'ils doivent renseigner le sujet d'oral choisi sur Pronote avant le 30 mars.

Pensez à respecter les consignes données en matière d'hygiène basique, pensez à votre entourage plus fragile. Prenez tout simplement soin de vous.



Sébastien RIO


Projet migrants 4A & 4B

Bonsoir,

Dans le cadre d’un projet pluridisciplinaire intitulé “L’Ailleurs, lieu de tous les possibles”, les élèves de quatrième du collège ont visité la Cité de la Mer de Cherbourg. Ils ont planché sur la problématique des migrants, pas seulement ceux qui ont embarqué sur les transatlantiques, en anglais, en histoire et en français.


En français, ils ont étudié des textes de Steinbeck ou de Céline. Ils ont été invités à écrire la suite d’un texte de Laurent Gaudé en plusieurs temps : d’abord la suite, puis en ajoutant des expansions du nom, enfin en insérant un dialogue.


Ce document est le fruit de tous les textes qu’ils ont écrits durant cette séquence.

>> A lire ici <<


Basite

Hier, j'étais au centre culturel des Pieux pour assister à la représentation de "L'homme aux bras de mer". Un spectacle bien enlevé, avec quatre très bons acteurs, qui s'attaquent à un sujet inspiré d'un fait divers authentique : une attaque de pirates somaliens qui tourne mal à bord d'un voilier français. L'un des pirates se retrouve en prison en Bretagne et c'est là qu'il rencontre Maryvonne qui va lui enseigner le français. Au fil du spectacle, on découvre la vie de Mohamed, jeté par la pauvreté de son pays dans des parties de pêche effrénées puis poussé à la piraterie pour rembourser ses dettes (l'achat d'un bateau qui sera finalement détruit par un tsunami).

Sans mélo outrancier ni manichéisme mal placé, la pièce fait réfléchir. L'histoire a fait l'objet d'une BD que je n'ai pas lue car j'attendais le spectacle.


Mohamed, au début de la pièce, au début de cette relation touchante, faite de méfiance et de confiance avec Maryvonne m'a rappelé mon Mohamed à moi : BASITE.

Basite, c'était un jeune sans âge, a priori mineur, que j'ai rencontré et côtoyé pendant près d'un an dans la classe-relais du collège Le Corre d'Equeurdreville. Parti d'Afghanistan (je crois), sans famille chez nous, après un périple essentiellement pédestre et maritime, il avait échoué, là, à Equeurdreville. Paumé, sans repère bien évidemment, Eric, le patron de la classe-relais (un dispositif en principe dédié aux élèves en situation grave de décrochage scolaire, marqués par les aléas de la vie, parfois durs et violents), l'avait pris son sous aile. Il est resté un an avec nous et la fin fut un peu compliquée. Eric se démenait pour lui trouver du boulot car, lorsqu'il atteindrait ce que l'on pensait être sa majorité, Basite serait livré à lui-même.

Basite était donc là, parmi nous, Eric, Davy qui encadrait les élèves en permanence, et puis deux ou trois collègues qui étaient investis à tour de rôle dans ce dispositif. Moi, j'intervenais le jeudi matin.

Avec Basite, aucune révision. Il devait, pour travailler, apprendre le français. Je m'y suis donc collé, bien appuyé par Eric et, on a commencé par apprendre la météo, la nourriture, les humeurs. Je pense avec émotion à la joie de Basite lorsqu'il comprenait, lorsqu'il progressait, lorsque, triomphalement, il répétait qu'il allait manger du "baf" à la cantine - du boeuf. On rigolait bien, complices. Ce gamin, malgré les stigmates probablement inavouables de sa jeune vie, souriait et nous faisait sourire. Parfois, il nous parlait de son village, de sa mère, d'une école coranique dans laquelle on ne lui avait jamais appris le nom des prophètes.

Il avait les yeux pétillants, je ne sais pas ce qu'il est devenu, j'espère tout simplement qu'il va bien et que le bonheur qu'il avait d'évoquer la France n'a pas été déçu...

25.11.2019 - Florence



C’était juste un lundi comme un autre, un lundi de novembre balayé par le vent d’automne, sur le plateau de Luneray, en Normandie… Juste un matin comme n’importe quel matin pour n’importe quel prof de français qui retrouverait ses élèves de troisième dès la première heure, de 8 heures à 10 heures. Dans la petite salle 207, « ma » salle, étroite, que j’aimais bien malgré tout.


Cette classe, la 3ème3, était une classe franchement sympathique, agréable. J’aimais bien ces élèves et je crois que c’était réciproque. Je les revois, je vous revois : Paul, Sébastien, Charlotte, Carole-Anne, Jessica, Stéphanie, Hélène, Sophie...


Florence.


A la table au fond. Je t’avais isolée, un peu. Tu avais un caractère bien trempé. Un peu fofolle, une énergie difficile à canaliser. Pas méchante pour deux sous, peut-être en manque d’affection. Comme tant d’élèves qui pallient ce manque en se faisant remarquer.


Pour toi aussi, c’était un lundi comme un autre sur la plaine, entre Brachy et Luneray, dans cette si belle campagne normande immortalisée par Maupassant et Flaubert. Une matinée comme une autre. Oui, tu roulais dans les brumes matinales, accrochée au guidon de ton scooter, tout récemment acheté pour ton anniversaire, offert par tes grands-parents quelques jours plus tôt… Tu roulais prudemment, certainement, j’aime me le dire.


Tu pensais peut-être à la note que M. Rio te rendrait dans quelques minutes. Cette interro, bouclée un peu vite, comme à ton habitude, le vendredi précédent. Quand tu m’as eu rendu ta copie, tu m’as demandé pour effacer le tableau. C’est la dernière image que j’ai de toi, avec ton pull rouge, gesticulant devant le tableau, tes yeux planqués derrière tes grosses lunettes. Depuis, c’est exceptionnel que j’autorise un élève à effacer mon tableau. Comment expliquer cela aux volontaires qui croient bien faire ? Je leur explique qu’ils s’y prennent mal et qu’ils laissent souvent plus de traces sur le tableau qu’avant leur passage, ce qui n’est pas faux. Mais qui n’est pas pleinement vrai non plus.


Quelques minutes plus tard, j’accueillais mes élèves. Des sirènes hurlaient au loin, dehors, clairement perceptibles depuis ma salle, déchirant la tranquillité des lieux. J’avais porté ton nom sur le billet d’appel : absente. C’est étrange comme, en y pensant, à nouveau, j’avais un affreux pressentiment. Comme j’en ai l’habitude lorsque j’ai les élèves deux heures à la suite, j’ai laissé un temps de pause. A 9 heures, donc. Ma collègue d’allemand, Virginie, qui assurait ses cours à côté de ma salle commençait sa journée. Elle m’a abordé à la pause, m’a demandé si Florence était là. Ce qui était une question incongrue car, aussitôt, elle m’a dit que Florence venait d’avoir un accident et que c’était grave…


C’est dans un état second que j’ai assuré cette seconde heure de cours avec mes troisièmes. Ils ont ressenti cela. Certains avaient surpris ma conversation avec Virginie, ma collègue. A la récré, entre enseignants, nous étions évidemment très angoissés. D’autant que nous avions appris que le témoin de l’accident était l’une de nos collègues.


J’ai un souvenir assez flou de ces moments. C’est incroyable, puisque cette journée m’a marqué à vie mais je ne revois plus le moment terrible où quelqu’un m’a annoncé que Florence était morte lors de son transfert vers l’hôpital de Dieppe… Comme si on voulait se blinder contre ce genre d’uppercut.


Ma grande copine du bahut, prof de français aussi, Ingrid, m’a dit que, en arrivant au collège, elle avait croisé une ambulance du SAMU, sirènes hurlant, fonçant à toute vitesse sur les routes sinueuses, vers Dieppe.


A quoi pensais-tu, au moment d’arriver sur Luneray, Florence, avec tes yeux planqués derrière tes lunettes et sous ton casque tout neuf ? Tu sais, dans ce double virage en léger devers qui traverse l’ancienne voie de chemin de fer ? Tu sais, ce moment où, face à toi, tu as vu un véhicule qui doublait un tracteur en ignorant la ligne blanche ? Ce véhicule qui t’a fauchée, avec ton scooter, avec ta vie.


Oui, ta vie…


As-tu eu le temps de penser à ce casque que tu n’avais pas attaché ? As-tu eu le temps de penser à ta maman, à ta petite sœur ? Ta maman que j’allais revoir quelque temps plus tard, qui me dirait que, chaque nuit, ta petite sœur te réclame et que, à elle, personne n’a encore eu le courage de dire la vérité…


As-tu, comme tes camarades, comme moi, entendu ces sirènes qui t’emmenaient loin, si loin ? Plus loin que Dieppe, en tout cas. Au-delà des falaises, de la mer, du monde des vivants.


A l’époque, il n’y avait pas les téléphones portables, comme aujourd’hui. C’est donc une rumeur insidieuse qui s’est installée, toute la matinée. Il a été décidé que, à 13h30, la classe serait prise en charge par plusieurs enseignants. Je me revois, dans la salle de maths, faire face à 25 élèves qui savaient, plus ou moins. Je revois Monique, professeur chevronnée, la prof principale, renoncer à annoncer la nouvelle, je me revois prenant le relais. Cela ne peut se raconter. Jamais je n’ai eu le sentiment, dans le cadre de mon métier, d’être autant une bouée de sauvetage pour les autres qu’à ce moment précis. Les élèves pleurent contre vous, vous avez leurs larmes qui coulent dans votre cou. Les frontières n’existent pas et, pour une fois, c’est bien ainsi.


Des larmes, des larmes et, ce qui m’a le plus impressionné, dans ce collège de 480 élèves, un silence de plomb pendant plusieurs jours. Un vrai silence. Pas même un murmure. Rien.


Vendredi, ce serait l’enterrement, vers 10h30…


Lente procession, sous la pluie battante, pour aller à l’église de Luneray. Combien étions-nous ? Une dizaine de professeurs, 70, 80 élèves ? Je me revois soutenir une élève, Clémence, à l’entrée de l’église. Je me revois, assis, bouleversé… L’église était comble… Une émotion absolument insoutenable car c’était comme un deuil collectif. Ces minutes dehors, alors que seule la famille était restée avec le cercueil dans l’église, ces minutes, sous la pluie, interminables…


L’après-midi, terrible, face à moi, cette classe, toujours, élèves en noir, professeur en noir… Les élèves n’avaient que français l’après-midi. J’avais espéré qu’ils resteraient chez eux après la cérémonie. Il n’en a rien été.


J’ai été marqué à vie par cet accident. Ce n’est pas pour cela qu’on est professeur… Toute l’année, il nous a fallu accepter de vivre, dans cette salle, avec une table définitivement vide. Plus jamais je n’ai fait l’appel dans cette classe. Je me contentais de compter les élèves, ne voulant pas conclure l’appel par la mention d’une élève (dont l’initiale du nom de famille est un T) que j’avais portée absente un lundi matin de novembre comme les autres. Cette habitude, d’ailleurs, de simplement compter les élèves, depuis, ne m’a pas quitté.


Florence, je pense à toi et à ces deux autres élèves que j’ai côtoyés, morts trop tôt. Julien, un dimanche matin, non loin de chez moi, pulvérisé sur le capot d’une camionnette, au guidon de son scooter. Et puis Matthieu, « Matt », le beau gosse de Luneray, amateur de vitesse, de belles voitures et de jolies filles, renversé tranquillement alors qu’il circulait à vélo par un récidiviste qui a pris la fuite, a fait croire que c’était sa compagne qui était au volant et, seulement, après avoir permuté les places dans la voiture, est revenu voir le corps mort de sa victime. J’ai souvenir aussi, d’un drame qui avait ému les collègues plus anciens : une élève tuée sur la grande route de Dieppe à Ouville, qui s’est rabattue trop tôt sur un camion au terme d’un dépassement hasardeux… Plus récemment, alors que j’étais en poste à Revin en lycée, je me souviens de profs bouleversés par la mort d’un élève du collège dépendant de la même cité scolaire : renversé au niveau de la friterie, là, après le rond-point de la gare. Cela fait beaucoup. Beaucoup trop.


Alors, je peste, je fulmine toujours contre tous ces jeunes James Dean des bacs à sable qui dévalent les routes au guidon de leur deux-roues. Un accident est si vite arrivé… Inutile de forcer le destin. Quatre ans dans ce collège normand et trois églises pleines à craquer. Cela n’arrive pas qu’aux autres, malheureusement. Oui, je rage contre mes élèves à vélo, sans lumière, dans l’aube ardennaise, ceux qui roulent sur les trottoirs et qui, sans rien regarder, sautent pour rouler sur la route, ceux qui grillent les priorités. On n’est pas immortel dans une voiture. Encore moins sur un deux-roues. Je ne me prive pas d’engueuler copieusement mes élèves lorsque je les ai surpris en train de faire les cons sur la route. Je l’assume. Je préfère les engueuler que les accompagner au cimetière.


Oui, un lundi matin, comme les autres, vraiment. Si ce tracteur n’avait pas été là, si l’automobiliste – le père d’un élève de la classe dont j’étais le professeur principal, soit dit en passant – n’avait pas franchi l’interdit de cette ligne blanche, je ne serais pas là, à écrire sur toi, Florence.


Un lundi comme les autres. Ce 25 novembre 2002.


Je pense à toi, souvent. Tu aurais 26 ou 27 ans, des enfants peut-être. Toi et moi, on aurait probablement fini par se prendre sérieusement la tête avant la fin de l’année scolaire. Que cela aurait été bien !


Je relis et reprends ces lignes le 24 novembre 2017. Je les relis toujours avec beaucoup d’émotion car le ressenti est là, encore palpable et intact. Je déteste ces journées de novembre.


Je parle de toi à mes élèves. Je ne t’oublie pas. Dans mes archives, j’ai toujours la copie que je n’ai jamais rendue. Je la conserve. Je ne sais plus si c’est une bonne ou une mauvaise note.


Je m’en fous.


Je garderai cette copie.





Toujours. Avec le regret, aussi triste que lancinant, de n’avoir jamais pu te la rendre…